Mercredi 23 juin, le « Carré de l’Équipage » consistait en une visite guidée du Parc Rochegude, labellisé « jardin remarquable » depuis 2010. Christian Amiel, chef du patrimoine végétal et environnemental de la ville d’Albi, a évoqué les origines de ce parc et Grégory Hucafol, responsable du site nous a fait visiter le lieu, véritable havre de paix et poumon de verdure en plein Albi.

1- Petit historique :
A la fin du XVIIIème le parc est la propriété de Pascal de Rochegude, amiral et homme politique, féru de botanique, bien connu de nous depuis la conférence de Gérard Alquier. Nous savons donc que, sans descendance, il a légué à la ville l’hôtel particulier, sa bibliothèque et le parc privé après en avoir laissé l’usufruit à sa nièce Célestine de Saint-Juéry. Il souhaitait que la propriété gardât son nom, que la bibliothèque ne fût pas déplacée et que le jardin fût entretenu et embelli.
La municipalité de Gabriel Soulages ouvre le jardin au public en 1887 après que l’architecte Lacroux a procédé à des aménagements selon les clauses de Rochegude. Le parc, agrandi depuis par l’achat de terres agricoles adjacentes, n’a cessé de se métamorphoser : c’est grâce aux jardiniers et aux équipes spécialisées pour émonder les arbres, s’occuper de la maintenance des réseaux d’arrosage, du fleurissement des parterres avec les plantes produites et sélectionnées dans les serres municipales en mai et en octobre. Des experts interviennent régulièrement sur les sujets les plus âgés, identifient les diverses lésions pour anticiper et prévenir les dommages des arbres.

2- Description :
La propriété comprend l’hôtel Rochegude, devenu bibliothèque puis lieu d’expositions, et le parc proprement dit. Ce dernier est scindé en deux parties : un jardin « à la française » avec buis taillés, allées symétriques en gravier blanc, bacs d’orangers qui surplombe la partie agrandie dite « à l’anglaise » avec plans d’eau, ponts, cascades, labyrinthe, petits jardins thématiques, aménagements animaliers clos pour cygnes, canards, oies, pigeons, poissons, roseraie, jardin potager. Pour les enfants un espace de jeux a été aménagé. Plusieurs statues et le buste de Rochegude ornent le parc.

3- Le parc en chiffres :
– Surface de 4 ha dont 3,5 de jardins sur deux niveaux.
– 350 arbres de 130 essences (locales et exotiques) dont platanes de 150ans, cèdres du Liban…
– 180 rosiers variés pour un festival de parfums.
– 900m2 de massifs : 38 variétés de sauges, 15 variétés de pivoines, 6800 bulbes de tulipes, 16000 pensées, giroflées…
– 7000m3 d’eau essentiellement par goutte à goutte soit 0,7% de la consommation totale des albigeois.
– 4 jardiniers permanents aidés épisodiquement pour les coups durs (taille au cordeau et à la main des 2,7km de buis, désherbage, feuilles …)
Ces chiffres ne doivent pas faire oublier que l’imagination et le savoir-faire des jardiniers ne fait pas s’étaler des végétaux mais au contraire fait naître une harmonie habile de couleurs de perspectives et de magie. Cette année, le massif de la « boussole », à l’entrée, illustre bien cet esprit de création permanente.

En conclusion, le parc n’est pas seulement un espace vert mais aussi un lieu où l’Histoire, la culture et la nature se rencontrent harmonieusement. Pour le visiteur, le promeneur, c’est un émerveillement différent, renouvelé selon les saisons.
Un grand merci à nos deux guides et aux invisibles qui travaillent toute l’année pour notre plus grand plaisir.

Gisèle et Alain.